Le tableau

Une banque régionale doit migrer son appli de gestion des crédits. 400 conseillers dans 80 agences, 2 000 dossiers par semaine. C’est du critique — si ça plante, les agences ne peuvent plus travailler.

La date de bascule est fixée par l’éditeur. Non négociable.

Ce qu’on trouve en arrivant : 15 parties prenantes (DSI, éditeur, hébergeur, infra, sécu, MOA, métier, conformité...). Chaque équipe a son propre planning. Aucun ne colle avec les autres. Personne n’a la vue d’ensemble.

⚠ Quand on arrive

  • Pas de chef de projet dédié
  • Chaque équipe a son planning isolé
  • Risques non formalisés
  • Direction sans visibilité
  • 3 jalons incompatibles

✓ Quand on part

  • Pilotage dédié à 100%
  • Planning unifié, 23 dépendances mappées
  • 14 risques identifiés et mitigés
  • Dashboard 1 page / semaine
  • Go-Live on time, 0 incident

Le DSI adjoint m’a dit : « On a 15 équipes, personne ne sait où on en est, et la date c’est dans 5 mois. » J’ai demandé le planning consolidé. Il n’existait pas.

— Premier jour de mission

Notre approche

1
Unifier

1 planning, toutes les dépendances

2
Risquer

Identifier, qualifier, assigner chaque risque

3
Coordonner

COPIL, comité projet, points quotidiens

4
Répéter

Dry run complet avant la bascule réelle

Semaine 1-2

Reprise en main — le planning qui dit la vérité

Macro-planning unifié avec toutes les dépendances. 8 jalons critiques, 23 dépendances inter-équipes. Découverte immédiate : la recette devait démarrer 5 jours avant que l’infra ait fini de monter l’environnement. Personne n’avait vu le problème.

Semaine 2

Registre de risques

14 risques identifiés, dont 5 critiques. Pour chacun : un plan de mitigation et un responsable nommé. Quand un risque est écrit avec un nom en face, il est traité.

Mois 1-3

Coordination active

COPIL direction bi-mensuel (15 min), comité projet hebdo (45 min), point quotidien 10 min sur les phases clés. Dashboard d’une page chaque semaine.

Mois 4

Dry run — répétition générale

Checklist 120 points, chacun assigné avec créneau horaire. Plan de rollback documenté et testé. On a aussi testé le plan B.

Mois 5

Go-Live

Bascule un week-end. 48h de surveillance. Lundi matin, 400 conseillers ouvrent le nouvel outil. Zéro incident bloquant.


Les livrables

Registre de risques (extrait)
IDRisqueImpactProbaMitigationResp.Statut
R-01Retard env. recette CritiqueMoyen Livraison anticipée négociéeDSI adj. Mitigé
R-02Données migration incomplètes CritiqueÉlevé Dry run 3 sem. avantÉq. data Mitigé
R-03Résistance utilisateurs MajeurMoyen Communication + formation piloteMOA Mitigé
R-04Certificats SSL non renouvelés CritiqueFaible Check-list sécu dans dry runSécu SI Mitigé
R-05Conflit planning recette / infra CritiqueÉlevé Décalage 10j avec hébergeurChef projet Mitigé
Quand un risque est écrit noir sur blanc avec un nom en face, il est traité. Quand il est dans la tête de quelqu’un, il est oublié.
Dashboard de pilotage hebdomadaire
Avancement global
6/8
Jalons franchis
1
Risque critique actif
J-21
Go-Live
JalonÉchéanceResp.Statut
Livraison env. recette25 févrierHébergeurFait
Dry run migration données10 marsÉq. dataFait
Campagne de recette15 mars - 5 avrilMOA + QAFait
Homologation sécurité8 avrilSécu SIFait
Formation pilote10-14 avrilMOAFait
Dry run bascule18-19 avrilChef projetFait
Go-Live26-27 avrilTousPlanifié
Hypercare28 avril - 9 maiSupport + MOAA venir
Le dashboard envoyé chaque semaine à la direction. Une page, les jalons, les risques, les décisions. C’est tout.

Avancement par workstream

Infrastructure & environnements 100%
Migration données 100%
Recette fonctionnelle 100%
Sécurité & homologation 100%
Formation conseillers 85%
Bascule & Go-Live Prêt
Le truc qui a tout changé : En construisant le planning unifié, on a repéré que la migration infra et la recette se chevauchaient. On a négocié un décalage de 10 jours. 2 réunions, quelques mails. Si on avait découvert le problème le jour J, ça aurait coûté le projet.

Les résultats

On time
Livré à la date, pas de délai
0
Incident bloquant post-migration
100%
Périmètre livré

Ce qu’on en retient

Une migration, c’est pas un projet technique. C’est un projet de coordination. La techno, les équipes savent faire. Ce qui manque, c’est quelqu’un qui met les plannings bout à bout, repère les trous, et dit « attention, ça va pas coller » avant que ça pète.
Le dry run, c’est pas optionnel. C’est comme une répétition générale avant un concert. Le week-end de la migration s’est bien passé parce qu’on l’avait déjà joué une fois.